Caryophyllène — le terpène CB2-actif du cannabis
Le β-caryophyllène (BCP) est un sesquiterpène bicyclique de formule C₁₅H₂₄ avec une particularité : c'est le seul terpène de cannabis à se lier directement et sélectivement au récepteur CB2 du système endocannabinoïde (Gertsch et al. 2008). Il est donc formellement un « phytocannabinoïde » sans effet psychoactif. On le trouve dans le poivre noir, le clou de girofle, la cannelle, le houblon et le romarin. Dans le cannabis les teneurs vont typiquement de 0,05 % à 3,5 % du poids sec, avec les valeurs les plus élevées dans des chémovars « gassy » et épicés comme GSC, Original Glue ou Bubba Kush.
Poivré, épicé, boisé — le β-caryophyllène est le seul terpène de cannabis connu qui agit lui-même comme cannabinoïde au CB2.
Aroma
Sensoriellement : poivré, épicé, notes marquées de clou de girofle et cannelle, boisé chaud. Avec le myrcène : profil profond, musqué (signature Kush). Avec le limonène : « agrume poivré ». Détectable dès < 0,3 %.
Présence
Dans la plante, le caryophyllène forme avec son isomère α-humulène un pic sesquiterpénique typique. De nombreuses génétiques Kush, Cookies et Diesel-related sont caryophyllène-dominantes. Analytiquement, le rapport caryophyllène/humulène permet un classement rapide des chémovars. Contrairement aux monoterpènes légers, le caryophyllène est relativement stable à la chaleur et se conserve mieux à la combustion — ce qui explique la nette perception des notes poivrées même en joint.
Effet
Via CB2, le caryophyllène est associé à des effets anti-inflammatoires, analgésiques et potentiellement anxiolytiques (Hashiesh et al. 2020). CB2 étant principalement périphérique, il n'y a pas d'effet psychotrope. En modèle animal : effets sur douleur neuropathique, colite, anxiété. Pour l'utilisateur, cela se traduit souvent par un ressenti « apaisement physique, tête claire ». Cadre légal : en Suisse, le cannabis contenant ≥ 1 % de THC est un stupéfiant. Les fleurs de CBD < 1 % THC sont légales ; le cannabis médical requiert une autorisation. Les descriptions d'effets ne constituent pas des allégations thérapeutiques.