Partager ou offrir du cannabis en Suisse : que permet la loi ?

Partager un joint, offrir du cannabis ou acheter pour un ami : comprendre les règles suisses, les petites quantités, les études pilotes et les prescriptions personnelles.

Un ami te demande un peu de cannabis à emporter. Lors d’une autre soirée, plusieurs adultes se passent un joint. Dans le langage courant, on parle de partage dans les deux cas. Le droit suisse, lui, distingue ces situations. L’absence de paiement ne suffit pas à rendre toute remise autorisée. Voici comment séparer possession personnelle, consommation en commun, cadeau, participation aux frais et accès individuel à un produit.

La règle des 10 grammes n’autorise pas à offrir du cannabis librement. L’art. 19b LStup prévoit une exception limitée pour la remise gratuite d’une quantité minime à une personne majeure afin de permettre une consommation simultanée et en commun. La consommation elle-même reste une question distincte. Le cannabis d’une étude et les médicaments prescrits ne constituent pas une réserve à partager avec ses proches.

Les quatre questions à se poser avant toute remise

1. Posséder, consommer et remettre du cannabis : trois actes différents

La possession de 10 grammes au maximum pour sa propre consommation relève en principe de la règle de non-punissabilité applicable aux quantités minimes. Cette règle ne crée ni un droit général de vendre ni une autorisation de remettre cette quantité à n’importe qui. Le poids ne raconte donc pas toute l’histoire : la destination du produit et les actes réellement accomplis comptent aussi.

La consommation de cannabis contenant du THC, en dehors d’un cadre autorisé, doit être examinée séparément. Une personne adulte peut notamment encourir une amende d’ordre de 100 francs lorsque les conditions de cette procédure sont réunies. Une exception concernant la préparation ou la remise ne rend pas automatiquement licite la consommation qui suit. Il faut distinguer ce que fait la personne qui remet le produit de ce que fait celle qui le consomme.

Distinguer possession et consommation en droit suisse

2. Ce que change une consommation simultanée et en commun

L’art. 19b, al. 1, LStup prévoit une exception étroite : la remise gratuite d’une quantité minime à une personne majeure pour permettre une consommation simultanée et en commun. Pour le cannabis, l’al. 2 fixe la quantité minime à dix grammes. Ces éléments ne sont pas des options entre lesquelles choisir. La quantité, la gratuité, l’âge et les circonstances de la consommation doivent être considérés ensemble.

La jurisprudence du Tribunal fédéral évoque notamment le joint qui circule occasionnellement entre adultes. Un sachet donné à une amie pour qu’elle le consomme seule le lendemain ne correspond pas à cette situation. Dire que vous vous connaissez bien ou que tu ne fais aucun bénéfice ne remplace pas les autres conditions. La limite n’est pas non plus un quota individuel que l’on pourrait multiplier en organisant des remises répétées à un groupe.

L’ATF 149 IV 307 et l’arrêt 6B_630/2016 permettent de comprendre cette distinction. Ils concernent la non-punissabilité de certains actes dans un cadre précis, et non une légalisation générale de la consommation entre amis. Si une procédure est ouverte, les faits doivent être examinés dans leur ensemble. Le mot cadeau employé dans une conversation ne suffit pas à déterminer la qualification juridique.

3. Cadeau, remboursement et achat groupé : attention aux raccourcis

Offrir du cannabis destiné à être consommé plus tard ne bénéficie pas de l’exception du seul fait que le destinataire ne paie rien. La remise non autorisée de cannabis contenant du THC relève en principe du droit des stupéfiants. Un anniversaire, un lien familial ou une amitié ne crée pas une nouvelle base légale.

Le remboursement des frais ne permet pas non plus de présumer la gratuité. Acheter pour plusieurs personnes, réunir leur argent puis répartir le produit peut impliquer plusieurs actes juridiquement distincts. Il n’existe pas de règle générale selon laquelle une remise au prix coûtant serait toujours permise. Présenter un paiement comme un don ne règle pas la question. Ce guide ne propose pas d’organiser des achats collectifs de THC en dehors d’un circuit autorisé.

Une commande commune ou un compte de membre ne suffit pas à justifier la remise. Il faut d’abord identifier le cadre du véritable accès au produit, puis les conditions applicables à chaque personne.

Comparer les cadres du club, de l’étude et de la pharmacie

Lorsqu’un contrôle porte sur une éventuelle remise à autrui

4. Le cannabis d’une étude pilote est réservé à l’usage personnel

Dans un essai pilote autorisé, les produits remis sont destinés à la consommation personnelle de la personne participante. La remise à des tiers est interdite. Il ne faut donc pas acheter pour des amis ni leur donner une partie de ses produits d’étude. L’exception concernant certaines situations privées n’autorise pas à contourner les règles propres à l’essai.

Une violation peut entraîner des mesures dans le cadre de l’étude et, selon les faits, d’autres conséquences juridiques. Les informations de l’OFSP mentionnent l’exclusion en cas de remises répétées. Cela ne permet de promettre ni une exclusion immédiate dans tous les cas ni un premier avertissement sans autre conséquence. Les conditions concrètes de l’étude restent déterminantes.

Comprendre les conditions et obligations d’une étude pilote

5. Une ordonnance est personnelle, même entre proches

Le cannabis prescrit est délivré pour le traitement d’une personne déterminée. Son ordonnance ne donne pas à quelqu’un d’autre le droit d’obtenir le même médicament et n’autorise pas sa distribution privée. Deux personnes qui décrivent des symptômes semblables n’ont pas nécessairement besoin du même produit ni de la même quantité.

Ne donne pas les restes de ton traitement à un proche. Pour un médicament devenu inutile ou une question concernant sa conservation ou son utilisation, adresse-toi à la pharmacie qui l’a délivré. Une personne qui envisage elle-même un traitement doit bénéficier de sa propre évaluation médicale. L’accès thérapeutique et la consommation non médicale doivent rester distincts.

Comprendre l’accès au cannabis sur ordonnance personnelle

6. CBD, mineurs et cantons : les distinctions à garder en tête

Un produit de cannabis contenant moins de 1 % de THC total n’est pas classé, du seul fait du cannabis, de la même manière qu’un produit atteignant ce seuil au regard du droit des stupéfiants. Cela ne signifie pas que tout produit CBD peut être remis à toute personne pour n’importe quel usage. Sa catégorie, sa composition, l’utilisation prévue et les règles d’âge peuvent imposer d’autres restrictions.

L’exception décrite pour les adultes ne s’applique pas à une remise à un mineur. Une petite quantité ou l’absence de paiement ne permet pas de justifier cette remise. Pour les produits CBD également, il faut vérifier la réglementation de la catégorie concernée : un taux inférieur à 1 % de THC n’efface pas les règles de protection de la jeunesse.

La législation sur les stupéfiants est fédérale. Un changement de canton ne crée pas une autorisation générale d’offrir du THC. Les autorités compétentes, la mise en œuvre et les conditions des études peuvent varier, mais elles ne doivent pas être confondues avec une permission de remise privée. Franchir une frontière pose encore d’autres questions : la règle suisse des petites quantités n’autorise pas l’importation ou l’exportation.

Approfondir la protection des mineurs

7. Inviter ses amis au club n’est pas leur fournir du cannabis

Tu peux faire découvrir les informations de CannabisClub.ch et inviter tes amis à créer leur propre compte. Cette démarche est différente d’un achat effectué pour eux ou d’une remise de tes produits. Chaque personne doit examiner son accès individuel. Un lien d’invitation ne remplace ni l’admission dans une étude, ni une ordonnance, ni une autre condition légale nécessaire.

L’idée de communauté reste ainsi claire : partager des connaissances et réunir un pouvoir d’achat, sans transformer le groupe en point de distribution privé de THC. Un compte gratuit ne garantit pas un accès immédiat au THC. Ce sont les offres effectivement disponibles et leurs conditions qui comptent. Pour un achat concret, conserve les informations du produit et les conditions qui te concernent.

Comprendre ce que signifie réellement une inscription au club

Quatre situations concrètes

SituationLa distinction essentielle
Des adultes se passent un joint au même moment.L’exception limitée de l’art. 19b peut entrer en jeu ; toutes ses conditions et la consommation doivent être examinées séparément.
Une amie reçoit du cannabis à emporter pour demain.Il ne s’agit pas d’une consommation simultanée en commun ; la gratuité ne suffit pas à exclure une infraction.
Un participant donne une partie de ses produits d’étude.Les produits sont réservés à son usage personnel ; la remise à des tiers est interdite.
Un ami reçoit un lien pour rejoindre le club.L’invitation n’est pas une remise de produit et ne crée pas un droit d’accès au THC.

Questions fréquentes sur le partage de cannabis

Puis-je offrir 10 grammes de cannabis en Suisse ?

La règle des 10 grammes n’est pas une autorisation générale de faire un cadeau. L’exception de remise gratuite suppose notamment une consommation simultanée et en commun avec une personne majeure. Donner le produit pour plus tard est une autre situation.

Se passer un joint est-il automatiquement légal ?

Non. Une règle limitée de non-punissabilité peut concerner la remise. Elle n’autorise pas la consommation de manière générale ; la quantité, l’âge et les éventuelles règles particulières du produit comptent également.

Puis-je demander uniquement le remboursement de mes frais ?

Le remboursement n’est pas une permission générale. Paiement, achat pour autrui et remise doivent être examinés selon les faits. L’absence de bénéfice ne suffit pas à établir la gratuité.

Puis-je partager du cannabis acheté dans une étude pilote ?

Non. Les produits sont destinés à l’usage personnel de la personne participante ; leur remise à des tiers est interdite.

Puis-je donner un peu de mon cannabis prescrit à un proche ?

L’ordonnance personnelle ne permet pas de distribuer le médicament à d’autres personnes. Le proche doit bénéficier de sa propre évaluation médicale et, si nécessaire, de sa propre prescription.

Un lien d’invitation au club donne-t-il accès au THC ?

Non. Il invite à créer un compte. Les conditions d’un achat, d’une participation à une étude ou d’un traitement restent distinctes.

Cadre juridique examiné au 8 octobre 2026 : art. 19, 19a et 19b LStup ; ATF 149 IV 307 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_630/2016 ; informations de l’OFSP sur les obligations des participants aux essais pilotes. Les projets législatifs se distinguent du droit en vigueur. Information générale, sans appréciation d’une procédure individuelle.

Mieux s’informer, ensemble

Rejoins la communauté CannabisClub.ch et invite tes proches à s’inscrire eux-mêmes. Les offres concrètes et leurs conditions d’accès doivent être vérifiées individuellement.

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Questions fréquentes

Puis-je offrir 10 grammes de cannabis en Suisse ?
La règle des 10 grammes n’est pas une autorisation générale de faire un cadeau. L’exception de remise gratuite suppose notamment une consommation simultanée et en commun avec une personne majeure. Donner le produit pour plus tard est une autre situation.
Se passer un joint est-il automatiquement légal ?
Non. Une règle limitée de non-punissabilité peut concerner la remise. Elle n’autorise pas la consommation de manière générale ; la quantité, l’âge et les éventuelles règles particulières du produit comptent également.
Puis-je demander uniquement le remboursement de mes frais ?
Le remboursement n’est pas une permission générale. Paiement, achat pour autrui et remise doivent être examinés selon les faits. L’absence de bénéfice ne suffit pas à établir la gratuité.
Puis-je partager du cannabis acheté dans une étude pilote ?
Non. Les produits sont destinés à l’usage personnel de la personne participante ; leur remise à des tiers est interdite.
Puis-je donner un peu de mon cannabis prescrit à un proche ?
L’ordonnance personnelle ne permet pas de distribuer le médicament à d’autres personnes. Le proche doit bénéficier de sa propre évaluation médicale et, si nécessaire, de sa propre prescription.
Un lien d’invitation au club donne-t-il accès au THC ?
Non. Il invite à créer un compte. Les conditions d’un achat, d’une participation à une étude ou d’un traitement restent distinctes.